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Feb
242014

Marbella dans les années soixante-dix : Les premières années de Panorama

Filed under: Panorama nouvelles

Construction des fondations de Panorama

Auteur : Christopher Clover, Directeur Général de Panorama Properties, l’agence immobilière la plus ancienne de Marbella

En tant qu’introduction à l’histoire de Panorama à Marbella, j’aimerais avant tout partager quelques-unes des raisons pour lesquelles la ville, dans les années soixante-dix, nous a tellement fasciné que nous avons décidé d’y ouvrir une agence.

Les commencements

C’était en 1946, environ sept ans après la fin de la Guerre Civile espagnole, Marbella était alors un petit village de moins de 10 000 habitants et avec une histoire très intéressante. Au cœur du village se trouvait (encore actuellement) l’ancien château arabe construit au IXe siècle et entouré de ruines romaines qui sont encore visibles aujourd’hui, tout au long de la ville. S’élevant à l’horizon, la montagne La Concha créait ainsi ce microclimat si unique à Marbella, le meilleur climat de tous les villages européens.

À cette époque, les terrains les plus étendus appartenaient à cinq familles : Juan et Enrique Belón, Juan Lavigne et Juan Lima, toutes originaires de Marbella, Elvira Tallefer et son mari Salvador Guerrero de Málaga (c’est à elle qu’on doit le nom d’Elviria), et Norberto Goizueta de Navarra (l’éventuel fondateur de Guadalmina). La majorité des champs étaient loués et cultivés par des paysans. L’activité économique principale en ce temps-là était l’agriculture et l’extraction minière du fer et du graphite.

Grâce à tous ces éléments, Marbella a évolué pour devenir la principale ville de complexes de toute la côte méditerranéenne.

Marbella doit également son évolution à un coup de chance : il suffit d’observer ce qui est arrivé à d’autres villages du littoral espagnol, comme par exemple Torremolinos et Benalmádena, qui furent jadis de jolis petits villages, et qui sont aujourd’hui célèbres pour leur malheureuse construction massive.

9.bautizo sophie schonburg 650Baptême Sophie von Schönburg, reine Sofía

Le premier à promouvoir la ville de Marbella fut le versatile et éclectique aristocrate espagnol Ricardo Soriano Sholtz von Hemensdorff, Marquis d’Ivanrey, qui acheta en1943 la propriété El Rodeo, d’une étendue de 220 000 m2 (22 hectares) à son ami Norberto Goizueto, qui possédait de son côté une immense parcelle de 350 hectares dans la zone. En 1945, Ricardo construisit et ouvrit les portes du premier hôtel de style “motel” américain à Marbella, l’Hôtel El Rodeo, et invita plusieurs de ses amis à visiter la région. En 1946, son neveu, le prince Alfonso von Hohenlohe et le père d’Alfonso, le prince Maximiliano Egon von Hohenlohe-Langenburg, visitèrent Marbella pour la connaître en personne. Le père d’Alfonso était un aristocrate allemand très connu, dont la famille datait du VIe siècle. Sa mère, la marquise de Belvís de las Navas, était également connue en Espagne, et son parrain était le roi d’Espagne, Alfonso XIII. Sa lignée, unie à la vision pionnière de son oncle Ricardo, poussa Alfonso à continuer de promouvoir les idées de son oncle.

Autrefois, rejoindre Marbella depuis Malaga prenait deux heures en voiture sur une terrible route côtière à double sens. Alfonso et son père arrivèrent à Marbella dans une vieille Rolls Royce équipée d’un moteur qui, en raison de la pénurie d’essence durant ces années de l’après-guerre, avait été transformé pour fonctionner avec des gaz produits avec du charbon.

Dès leur arrivée à Marbella et en attendant que l’oncle Ricardo revienne d’une excursion de pêche, ils firent un pique-nique à l’ombre des pins du beau domaine Santa Margarita, bordant la mer, à l’Ouest du village. Ils tombèrent tellement amoureux de Marbella, et spécialement de ce domaine, qu’ils revinrent l’année suivante pour l’acheter.

L’Hôtel Marbella Club, 1955

Alfonso et son père construisirent une magnifique maison dans leur nouvelle propriété, et avaient pour habitude d’y inviter leurs amis. La ferme originale de la propriété fut rapidement transformée en un club social en plus de bar-restaurant, qui était fréquenté par les habitants de la région…et c’est ainsi qu’est né le “Marbella Club”. Ce furent les premiers vestiges du réveil de la nouvelle Marbella, un endroit destiné depuis lors à devenir la destination touristique de qualité la plus importante de l’Espagne.

L’Hôtel Marbella Club

Grâce à Alfonso, son père, sa mère et son oncle Ricardo, une grande quantité de gens visitèrent la zone (et le Marbella Club), et nombreux furent ceux qui ne trouvaient pas de logement. Le flux de visiteurs était tel que, en 1953, Alfonso décida de construire, à côte de la ferme originelle, un petit hôtel de 18 chambres distribuées autour d’un patio central, semblable aux populaires “motels” des États-Unis qu’il avait découverts lors de ces récents voyages. Il décida de l’appeler l’Hôtel Marbella Club. L’hôtel ouvrit ses portes au public en 1954 et attira immédiatement le tourisme de qualité. En 1955, le Comte Rudi von Schönburg, parent d’Alfonso, venait d’obtenir son diplôme à l’université Swiss Hotel Management University de Lausanne, et s’unit à Alfonso comme directeur de l’hôtel. Encore actuellement, le Comte Rudi joue toujours un rôle important au Marbella Club et au sein du Groupe, où on peut le rencontrer chaque jour. (Lisez son merveilleux article “Les débuts du Marbella Club” dans notre blog).

La ferme originelle existe toujours, et a été transformée en restaurant et bar principal de l’Hôtel.

Attirer les “grands noms”

Wedding of Princess Marie Lousie & Count Rudi in 1971 650Le mariage de la Princesse Marie Louise & le Comte Rudi von Schönburg, 1971

alfonso y jackie 650

Prince Alfonso

Le merveilleux microclimat, sa situation stratégique, la relative facilité d’accès, et l’accueil chaleureux de ses habitants contribuèrent à la transformation de Marbella en un pôle d’attraction pour ceux qui cherchaient une destination différente et spéciale, où profiter de leurs vacances. Alfonso ne douta pas à inviter toute la jet-set du moment au premier hôtel de luxe de la Costa del Sol. Marbella devint immédiatement l’endroit à la mode de toute l’Europe. Dans les années soixante, de nombreuses célébrités visitaient déjà Marbella et l’Hôtel Marbella Club assez fréquemment. La plupart d’entre elles achetèrent des parcelles pour construire leurs maisons, parfois directement à Alfonso. Parmi ces “grands noms” se trouvait José Banús, qui vint à Marbella en 1962 et acquit les terres de l’actuel Puerto Banús et Nueva Andalucía (à cette époque de nombreuses personnes considéraient que sa vision était “détraquée”), Jaime de Mora, Manolo Lapique, Ignacio Coca – fondateur de Los Monteros et du Club de Golf Rio Real – et d’autres grands noms tels que les von Thyssen, Princess von Bismark, la famille Füstenberg, Mel Ferrer et Audrey Hepburn, le Duc et la Duchesse de Windsor, le Prince Rainier de Monaco et Grace Kelly, Ava Gardner, Cary Grant, Laurence Olivier, Guy de Rothschild, Terry von Pantz, Deborah Kerr, Jimmy Stewart, Teddy Kennedy, Jean Negulesco et de nombreux autres.

Grace Kelly, le Prince Rainier & José Banús lors de l’inauguration de Puerto Banús

Alfonso poursuivit avec succès le travail de son oncle Ricardo comme principal promoteur de la zone. Marbella était devenue “un endroit spécial pour des gens spéciaux”, slogan qui fut utilisé par Panorama durant ses premières années à Marbella.

De village côtier à destination cosmopolite à la mode

À la suite de la magnifique promotion d’Alfonso et du fait que beaucoup de ses amis avaient construit des maisons et des urbanisations dans la région, la population officielle de Marbella augmenta de manière drastique, de 12 156 habitants en 1960, à 29 253 habitants en 1970. Toutefois, à notre arrivée ici au début des années soixante-dix, Marbella avait toujours un air de village, avec ses gens si intéressants et sympathiques. Les endroits clés à fréquenter étaient – à part le vieux centre – l’Hôtel Marbella Club, Puerto Banús, Nueva Andalucía, Los Monteros et Guadalmina ; ces trois derniers avec leurs clubs sociaux respectifs et leurs terrains de golf qui avaient été construits par leurs propriétaires, misant sur le futur du tourisme résidentiel.

ACDSee PDF Image.James Stuart & le Prince Alfonso

ers la fin des années soixante, Marbella cessa d’être une simple destination touristique d’été, car elle réunissait presque tous les ingrédients pour devenir finalement une importante destination résidentielle et de vacances de qualité pendant les 12 mois de l’année. Cependant, pour qu’une ville puisse rester ouverte toute l’année avec suffisamment de public pour les boutiques de luxe, restaurants, bars, discothèques et installations de loisirs et d’amusement, un noyau minimum de population d’environ 150 000 habitants en hiver “en basse saison” entre les résidents recensés et la population fluctuante de tourisme résidentiel était nécessaire. Ce chiffre ne fut atteint qu’à partir de 1996, suite à l’apparition de la “basse saison”, transformant Marbella en l’unique destination touristique et de vacances de la Méditerranée avec une saison de 12 mois. Marbella compte aujourd’hui entre 250 000 et 300 000 résidents en basse saison.

Notre expérience personnelle de Marbella dans les années soixante-dix

Dans les années soixante-dix, Marbella était enfin devenue un endroit assez renommé au niveau mondial. Mon père, Bill Clover, un agent immobilier à succès à Charlottesville, Virginie, depuis l’année 1952 (tout comme son père, B.B. Clover, à Chicago depuis l’année 1904), décida en 1968 de développer ses affaires, en achetant une agence immobilière dénommée Panorama International Ltd., avec siège principal à Washington D.C, à deux heures en voiture au Nord de Charlottesville. René Frank, un associé français de mon père à cette époque, nous commenta que Marbella était devenue la nouvelle destination importante de la jet-set en Europe, et nous suggéra sérieusement d’y ouvrir une agence. Et nous avons suivi ses conseils, en ouvrant une agence à Marbella au début de l’année 1970, ainsi qu’à Majorque et dans la Ville de Mexico un peu plus tard (cette dernière dirigée par mon frère Bill). Panorama fut la première agence immobilière internationale à Marbella et la première agence à faire venir les clients dans des vols “charter”, c’est-à-dire que nous organisions des “vols d’inspection” à Marbella pour les clients potentiels.

La succursale de Marbella fut dirigée brièvement par Phil Kelly, un Capitaine anglais maintenant retraité, puis ensuite par G. Bland Hoke, qui avait travaillé comme délégué commercial à notre agence de Washington et qui est actuellement un agent immobilier de grand succès à Jackson Hole, Wyoming. Le travail principal de Bland et de son équipe de cinq commerciaux consistait à recevoir les vols de prospection envoyés par Panorama depuis son agence à Washington, et de commencer à construire une base professionnelle de captation de propriétés en revente et d’investissement.

En février 1973, Bland retourna aux EU, et ma première épouse Kirsten et moi-même avons entrepris notre voyage à Marbella dans le but d’y rester un an afin de pouvoir réorganiser la succursale européenne de Panorama, et cette année s’est finalement transformée en toute la vie.

Duques de Alba-14 650

Ducs D’Alba

Lors de notre arrivée, Marbella était encore un petit village. Pour réaliser un appel  à l’étranger à cette époque, il fallait réserver un espace auprès de l’opératrice de Malaga, et nous devions parfois attendre des heures avant d’avoir la connexion. Notre télex de seconde main doté de la technologie des années trente était la seule méthode fiable pour communiquer avec le monde extérieur. On voyait encore dans les rues des ânes transportant des marchandises, qui se faufilaient entre les Seat 600 et les Seat 124 Sedan carrés. La route générale à double sens qui menait à l’aéroport passait par le centre de Fuengirola et Benalmádena Costa, et était connue comme la “Route de la Mort”. En termes généraux, les infrastructures étaient déficientes et peu fiables, il y avait des coupures d’électricité presque tous les mois, ce qui était compréhensible quand le nombre d’habitants s’était multiplié par deux et demi par rapport à la décade précédente.

Nous vivions sous la dictature du Général Francisco Franco. Selon la légende, lors de son dernier voyage à Marbella pour inaugurer la nouvelle Clinique Incosol en 1973, il observa les tours de l’Hôtel Hilton et de l’appart-hôtel contigu (actuellement connu comme l’Hôtel Don Carlos) à côté de la Tour Royale en face de l’Incosol, et il fut horrifié par la hauteur de ces bâtiments dans une si belle région. C’est pour cette raison qu’il ordonna l’interdiction de construire des buildings qui pourraient abîmer l’horizon de Marbella, comme dans les cas de Torremolinos et Benalmádena.

Chris and his wife Kirsten, Katinka and Alex's mother, in 1979 650Chris & sa première épouse Kirsten, la mère de Katinka & Alex

La vision de Franco coïncidait avec la perspective d’une construction et d’un développement de qualité, d’une hauteur minime et faible densité, une idée qui avait déjà été introduite par ses fondateurs, en commençant par Ricardo Soriano lui-même, qui “interdit” à ses amis de construire des maisons de plus d’un étage et leur recommanda de conserver le style typiquement andalou. Ce style fut conservé par le Prince Alfonso, José Banús, Norberto Goizueta (le fondateur de Guadalmina) et autres. L’opinion de Franco contribua à renforcer l’effort des autorités locales pour maintenir cette tradition, et depuis 1973 plus jamais de buildings résidentiels n’ont été construits à Marbella. Grâce à l’influence importante et persistante de ces personnes, il fut possible de créer et de conserver une ville avec des constructions de qualité et de luxe, complètement différente de la jungle de ciment des autres villes à l’Est et à d’autres endroits touristiques le long de la Côte Méditerranéenne.

À cette époque, il n’y avait qu’un seul notaire à Marbella, M. Luis Oliver Sacristán. Bien qu’il ne fût pas très âgé, Monsieur Luis me donnait toujours l’impression d’être beaucoup plus vieux, à cause de sa voix revêche, mais il recevait toujours aimablement aussi bien les espagnols que les étrangers. Quand il prit sa retraite, en 1985, il me rejoignit durant un acte social et me dit : “Clover, tu es l’homme avec lequel je veux travailler quand je prendrai ma retraite”. Quel honneur d’entendre ces mots de la part d’un membre si important de la communauté ! Peu de temps après, M. Jaime de Mora me prononça les mêmes paroles, et de fait, nous avons travaillé ensemble sur plusieurs opérations.

Le caractère amical et le tempérament agréable des gens de Marbella faisaient que tous se sentaient comme chez eux, y compris ceux qui ne parlaient pas l’espagnol et arrivaient à gesticuler avec les mains pour pouvoir communiquer. Leur franchise et leur bonté sont dues en grande partie à leurs solides valeurs en faveur de la tradition familiale, la dévotion pour leur église, leur consécration au travail et leur généreuse hospitalité. Les professionnels que nous trouvons aujourd’hui à Marbella : avocats, architectes, banquiers, hôteliers ou propriétaires de boutiques qui sont nés et ont grandi dans cette ville ont non seulement conservé ces valeurs, mais ils ont également pu faire leurs études dans les années soixante et soixante-dix grâce au fait que leurs parents ont misé sur le futur qui s’approchait à cette époque et, pour cette raison, la majorité d’entre eux ont appris à parler l’anglais.

Quelle chance de nous trouver dans le lieu adéquat au bon moment !

Isidro Sierra Muñoz, Luis Oliver Sacristán & Julio Fernández Nespal 650Isidro Sierra Muñoz, Luis Oliver Sacristán & Julio Fernández Nespal

À cette époque, il était très facile de connaître des gens et de faire des  amis. Il n’y avait eu que six ou sept agences immobilières à Marbella, et Panorama constituait une nouveauté. En allant seulement une ou deux fois par semaine au Marbella Club, je fis la connaissance de la “crème de la crème” de Marbella, en faisant des amis qui à leur tour me présentaient à leurs amis. Nous avons non seulement fait de bonnes affaires, mais nous avons aussi pu mettre en pratique ces bons principes immobiliers américains que mon père et mon grand-père ont su m’inculquer, ce qui nous aida à gagner la confiance de nouveaux clients, condition indispensable pour qu’une entreprise si jeune que la nôtre prospère. Le Marbella Club était, et est toujours, mon bar et restaurant favori, chaleureux et romantique, avec beaucoup de classe, offrant un excellent service et une cuisine exquise. Tout simplement fantastique.

Le salaire que je me suis auto-attribué quand je suis arrivé à Marbella s’élevait à environ 25 000 pesetas par mois, l’équivalent à cette époque à quelques $420, et qui me permettait de vivre assez bien. La voiture la plus chère produite en Espagne était la Seat 124 Sport 1800, qui était en réalité un modèle de Fiat monté en Espagne, avec un moteur et une transmission espagnols, qui coûtait aux alentours de 350 000 pesetas, $5 800 au change actuel, ce qui représentait à l’époque une véritable fortune. J’en ai acheté une de seconde main en 1978, qui est toujours en ma possession. Parmi les voitures fabriquées en Espagne à cette époque, la meilleure était la Dodge 3700 GT (fabriquée par Chrysler Espagne) –, en conduire une était un véritable signe de richesse. Il était alors pratiquement impossible d’importer une voiture d’Allemagne, des États-Unis ou d’Angleterre, car les tarifs douaniers faisaient doubler le prix final d’une voiture, qui était déjà un luxe en elle-même. De ce fait, jusqu’au milieu des années quatre-vingt, il existait un “stigmate-social” lié à l’étalement somptueux de richesse associé non seulement à la Dodge “espagnole” mais aussi à tout type de Mercedes ou tout autre voiture de luxe d’importation.

Jaime de Mora OK 650Jaime de Mora y Aragón & Margit Ohlson

My Seat 124 Sport toda 650Ma Seat 124 Sport actuelle

Dans les années soixante-dix, quatre-vingt et jusqu’au milieu des années quatre-vingt-dix, le coût de la vie en Espagne était réellement bas, ce qui était dû en partie aux 6 dévaluations subies par la peseta entre 1977 et 1993. Cela contribua également à la compétitivité des prix des exportations et du tourisme, et à la croissance du pays chaque année. Toutefois, en janvier 1999, l’Euro devint la monnaie légale en Espagne, et vers la fin de 2001 la Peseta fut mise hors circulation. La dévaluation est un recours économique qui ne peut plus être utilisée en Espagne, et qui a été actuellement remplacée par un sévère serrement de ceinture de la part des gouvernements municipaux, régionaux et nationaux et par les nouvelles réformes du marché du travail qui cèderont le pas, avec le temps, à une économie plus compétitive.

Au début des années soixante-dix, comme j’ai déjà indiqué précédemment, vivre à Marbella était très bon marché, et le prix des logements très abordable. Notre entreprise fut la première à faire venir des vols charter depuis les États-Unis, avec des clients qui achetaient des villas à des prix qui oscillaient entre $12 000 et $20 000, et des appartements à Nueva Andalucía depuis $5 000 jusqu’à $15 000. Le “facteur investissement” donna plus d’élan à la vente de propriétés aux clients internationaux. Il est évident que la magie même de Marbella fut le catalyseur fondamental pour que cette situation se produise.

Lorsque notre siège principal à Washington ferma ses portes au début de l’année 1975 en raison de la forte récession de l’époque, Panorama à Marbella devint une agence immobilière indépendante.

La naissance d’un marché international et le succès de Panorama

Panorama Ad for Nueva #6033 650Article aux E.U. 1971 : Panorama a vendu plus de 150 maisons à Nueva Andalucía dans les années soixante-dix Les marchés saoudien et arabe

Les marchés saoudien et arabe

Le premier grand succès de notre entreprise débuta en 1974, peu de temps après avoir été désignés Administrateurs des Propriétés de M. David Shamoon (que nous avons administrées durant 33 ans). David, qui décéda malheureusement en juillet 2013,  travaillait à Londres depuis 1952 et avait obtenu beaucoup de succès notamment dans le secteur immobilier. Il était le propriétaire d’une magnifique villa, presque un palais, située juste en face d’El Ancón, à la Mille d’Or de Marbella, qu’il avait achetée au milieu des années soixante-dix au Roi Fahad d’Arabie Saoudite (autrefois le Prince héritier). David fut le propriétaire des hôtels Marbella Club et Puente Romano et de plusieurs hôtels dans d’autres pays jusqu’à son décès en juillet 2013, laissant ses entreprises aux mains de son brillant fils Daniel et de sa fille Jennica. David m’a toujours traité comme un ami spécial, et il devint non seulement notre client le plus important lorsqu’il acheta plusieurs propriétés de grande valeur par notre intermédiaire, mais c’est aussi grâce à lui que j’ai fait la connaissance de plusieurs personnes clés qui à leur tour m’en ont présenté d’autres. Ce fut en grande mesure grâce à lui que nous avons vendu dans la deuxième moitié des années soixante-dix de nombreuses propriétés à la Famille Royale saoudienne et à d’autres clients du Moyen-Orient, ce qui relança Panorama à un moment critique de son histoire. Nous sommes devenus les administrateurs d’Akram Ojjeh, fondateur du Groupe d’entreprises TAG ; du Prince Salman, frère du jadis Prince héritier Fahad, et actuellement Prince héritier d’Arabie Saoudite ; et du fils aîné de l’alors Prince Fahad, le Prince Faisal Bin Fahd. Panorama, par le biais de son département d’Administration de Propriétés, est toujours l’actuel Administrateur de l’un des palais les plus importants de Marbella appartenant aux membres de la Famille royale saoudienne.

The Shamoons, Chris and his first wife Kirsten, and the Corners in 1977 650Les Shamoon, Chris & sa première épouse, Kirsten et les Corner en 1977

Grâce aux contacts que nous avons établis durant ces premières années, de nombreuses opportunités supplémentaires se sont présentées, comme plusieurs ventes que nous avons réalisées par l’intermédiaire de mon ami intime Bashir Kurdi. Il était alors le Consul d’Arabie Saoudite à Malaga et me chargea de la négociation et acquisition d’une parcelle à Malaga pour y construire le Centre Culturel Islamique. Quand il fut nommé Ambassadeur saoudien au Japon au milieu des années quatre-vingt-dix, il me demanda de l’aider à trouver un bâtiment représentatif pour l’Ambassade saoudienne à Tokyo. Un an et demi plus tard, nous avons conclu avec succès l’achat d’un bâtiment complètement neuf de 11 étages, y compris un penthouse duplex pour l’Ambassadeur, situé à Roppongi, dans le centre de Tokyo. Elle est toujours à l’heure actuelle l’Ambassade saoudienne la plus belle du monde entier.

With old friend Ambassador M. Bashir Kurdi 650En compagnie d’un vieil ami l’Ambassadeur M. Bashir Kurdi, actuellement

Le fait que le Prince héritier Fahad et sa famille aient acheté plusieurs propriétés à Marbella encouragea plusieurs clients du Moyen-Orient à y acheter des logements à la fin des années soixante-dix et au début des années quatre-vingt. D’autres Princes, en plus d’importants – et même légendaires – hommes d’affaires et dignitaires de chacun des pays du Moyen-Orient achetèrent des propriétés à Marbella, contribuant à la merveilleuse diversité et mélange culturel de la ville. Il s’agissait notamment du Sheik Zayed bin Sultan Al Nahyan, Émir d’Abu Dhabi et Président des Émirats Arabes Unis, dont la famille  possède encore de magnifiques propriétés contigües à Rocío de Nagüeles ; plusieurs membres de la famille Marzook du Koweït ; Adnan Kashoggi et beaucoup de ses connaissances ; le magnat de la technologie Mouffac Al Midani ; Rafic Harriri, qui devint par la suite Premier Ministre du Liban ; Akram Ojjeh ; le Sheik Kamal Adham, et de nombreux autres.

Si nous nous penchons sur l’histoire de l’Al-Ándalus, nous comprenons  mieux le fait que le peuple arabe se sente si à l’aise à Marbella et dans le Sud de l’Espagne en général. Al-Ándalus était le nom donné aux zones de l’Espagne et du Portugal occupées par les Arabes durant 781 années, depuis l’année 711 jusqu’à leur expulsion par les Rois catholiques, Fernando et Isabel en 1492. Des fleuves, des villages et d’autres zones géographiques portent encore des noms arabes, des milliers de mots du dictionnaire espagnol ont des racines arabes, et on peut dire que du sang maure coule dans les veines d’un grand nombre d’andalous. Depuis Marbella, on aperçoit les montagnes Rif du Maroc presque tous les jours, ainsi que les lumières de Tanger la nuit derrière le Rocher de Gibraltar, ce qui nous donne une sensation très spéciale de notre situation géographique.

Un second foyer pour les Britanniques

SKOL + La Concha in the 70'sDe bâtiment Skol dans les années soixante-dix

Au début des années soixante-dix, un petit groupe de citoyens britanniques, entre deux ou trois mille personnes, s’était installé sur la Costa del Sol. Certains d’entre eux n’y séjournaient que durant de courtes périodes, et d’autres y résidaient en permanence, dont notamment des personnalités assez importantes. La raison de ce si petit nombre de Britanniques était très simple : comme le Royaume-Uni avait imposé des restrictions au change de monnaie (l’infâme “dollar Premium” ou “supplément au dollar”), les restrictions serrées pour tout type de dépenses à l’étranger étaient un obstacle pour que les Britanniques passent leurs vacances hors de leur pays, ou qu’ils achètent des propriétés à l’étranger à grande échelle, comme maintenant et comme un phénomène jugé comme acquis, ou même pour qu’ils achètent des actions dans des entreprises de l’extérieur. À un moment donné, il n’était même plus possible d’emporter plus de £50 en espèces en-dehors du pays, même pas pour aller en vacances ! Ils devaient même faire cacheter le passeport à la banque lors du retrait de l’argent !

Quand feu Margaret Thatcher fut élue Premier Ministre du Royaume-Uni en 1979, et flexibilisa cette même année (pour ensuite les éliminer) les contrôles de change de monnaie, la demande explosa littéralement et on assista à une véritable frénésie pour acheter des propriétés à l’étranger, un phénomène qui n’a pas diminué depuis lors, à exception des fluctuations naturelles du marché en général des trente dernières années. Marbella a bénéficié de cette demande explosive à côté d’autres zones de l’Espagne, en plus de la France, l’Italie, et les E.U. (spécialement la Floride), notamment. Les vols en provenance du Royaume-Uni ont considérablement augmenté, et la Costa del Sol est devenue la destination touristique et résidentielle préférée des Britanniques, et Marbella sa capitale de qualité.

À cette époque, Panorama faisait la promotion de propriétés au Royaume-Uni directement via des annonces dans les journaux “The Times” et “Financial Times”, et nous vendions des biens immobiliers à de nombreux Britanniques fortunés, spécialement dans les années quatre-vingt et au milieu des années quatre-vingt-dix, en partie grâce à l’étroite collaboration que nous maintenions alors avec Chesterton’s, une importante agence immobilière londonienne, et étant toujours  une agence réglementée par la Royal Institution of Chartered Surveyors (RICS).

Actuellement, la communauté britannique est la plus importante dans la zone de Marbella, aussi bien au niveau des résidents permanents que temporels.

Nouveaux amis, contacts professionnels et célébrités

mel ferrer 650Mel Ferrer

Durant cette première étape de Panorama à Marbella, parmi d’autres personnes influentes, j’ai eu l’opportunité de faire la connaissance de Rafael Zea. Rafael était un promoteur pionnier qui, parmi plusieurs projets, construisit dans les années soixante-dix le bâtiment “Skol” au bord de la plage à Marbella. Rafael était président de l’entreprise promotrice de l’urbanisation “Las Lomas de Marbella Club” et vint à Panorama en 1974, suite à la recommandation de quelques amis en commun. Nous nous entendions bien et il accorda tout de suite de nous donner en exclusivité la vente de ses parcelles à Las Lomas. Dans les années suivantes nous avons vendu la majeure partie de cette magnifique urbanisation située dans le cœur de la Mille d’Or de Marbella. Rafael me concéda également une réduction importante lors de l’acquisition de notre première villa à Marbella, qui lui appartenait.

J’ai également fait des affaires avec Mel Ferrer, amateur des affaires de la construction et de la vente de villas rustiques à des prix abordables. Mel était un homme génial, extrêmement poli et avec les pieds sur terre.
J’ai eu le privilège de connaître Ray Milland et sa femme Mal et nous sommes devenus de bons amis (en 1946 Ray gagna l’Oscar du Meilleur Acteur pour le film de Billy Wilder “Jours sans Traçe”), et je fis également la connaissance de Stewart Granger, l’une des plus grandes stars de Hollywood, qui vendit également un important domaine entre Marbella et Estepona.

Ray Milland nous contacta en 1975 pour une annonce dans l’International Herald Tribune et vint visiter des propriétés au bord de la plage. Il était devenu une star de cinéma un peu avant mon époque, et même s’il avait une des têtes les plus connues au monde à ce moment-là, moi je ne savais pas qui il était. Quand j’ai été le chercher à l’aéroport, il prit place sur le siège arrière de ma Seat “carrée”, et sa femme sur le siège avant, et je n’ai rien trouvé de mieux que de lui demander à quoi il se consacrait ! Après un bref silence et un profond soupir, il me répondit avec un peu d’exaspération dans la voix… (je le regardais à travers le rétroviseur)… “Je travaille dans l’industrie du cinéma”. J’ai malheureusement continué à faire des gaffes et je lui ai demandé “dans quelle partie de l’industrie ?” Nous nous sommes finalement très bien entendus, et nous sommes devenus de très bons amis, tout comme nos épouses.

Les Millands finirent par acheter un petit joyau au bord de la plage dans l’urbanisation “El Ancón” à la Mille d’Or, qui avait appartenu à M. Brown (en espagnol, M. “Brun”). Le long du bord de mer d’El Ancón, il y avait quatre autres maisons à côté de celle de M. Brown : deux à droite et deux à gauche. La dernière sur la droite appartenait à M. Green (en espagnol, M. “Vert”), le promoteur originel de l’urbanisation. La seconde appartenait au fameux entrepreneur Gordon White (en espagnol, Gordon “Blanc”). À gauche se trouvait M. Black (en espagnol, M. “Noir”) et à la fin, Warren Gold (en espagnol, Warren “Doré”). Incroyable mais vrai, nous l’appelions la rue de l’arc-en-ciel.

Jacqui John Green with Jovita Chris's second wife recently 650Jacqui & John Green avec Jovita, la seconde et femme actuelle de Chris

John Green, le frère du propriétaire de la fameuse galerie d’art londonienne, Richard Green, est un promoteur à succès et extrêmement créatif, non seulement pour ses projets à Marbella mais aussi pour ceux réalisés à Londres. Après avoir construit El Ancón, il construisit entre 1981 et 1985 une autre magnifique urbanisation fermée sur les collines en face d’El Ancón qu’il dénomma “El Ancón Sierra”. Je me chargea de lui vendre le terrain, et ensuite de vendre la majorité des logements construits, en faisant partie de son Comité Directif. Nous sommes toujours de grands amis de John et de sa femme, Jacqui, et nous possédons toujours des maisons à El Ancón Sierra.

“La meilleure hôtesse”

Parmi tous les gens que nous fréquentions à cette époque, l’une des personnalités de laquelle nous étions très proches jusqu’au milieu des années quatre-vingt-dix, quand elle décéda, fut la Barone Teresa (Terry) von Pantz, l’héritière de la fortune Avon. Terry avait hérité sa fortune de l’un de ses précédents maris, et elle avait l’habitude d’appeler affectueusement “son dernier mari”, le Baron Hubert von Pantz,  “Hubert le Cinquième” étant donné que ses quatre autres maris étaient décédés. Hubert était également assez connu en raison de son aventure de jeunesse avec la fameuse créatrice de mode française Coco Chanel. Ils étaient tous deux très généreux, et ils adoraient organiser des fêtes majestueuses pour inviter tous leurs amis et connaissances : Terry fut connue durant trente ans à Marbella comme “la meilleure hôtesse”. Son hobby préféré était de concevoir et de construire des maisons, le client rêvé de n’importe quel agent immobilier. Elle fut une personne merveilleuse, très ouverte et intéressante, aimable avec tout le monde et l’une de nos clientes les plus importantes durant de nombreuses années.

With Count Rudi recently 650Chris et Count Rudi, actuellement

À la fin des années soixante-dix, nous avons fait la connaissance d’Elizabeth et de David Brockman, lesquels avec leur associé Connie Münemann et sa famille étaient propriétaires du plus magnifique terrain de Marbella, aujourd’hui connu comme Marbella Sierra Blanca. Une petite anecdote : l’un de nos clients koweitiens avait décidé d’acheter le terrain dans sa totalité, dont le plan partiel devait encore être approuvé par la mairie. Cependant, des écologistes de cette époque retardaient l’approbation et ce client, un an et demi plus tard, décida d’annuler l’opération. Le coût du terrain complet sans aucun type d’infrastructure était de $3 000 000 ! Les Brockman trouvèrent alors un autre associé, le promoteur à succès (et un bon ami personnel) Pedro Rodríguez (du Groupe Sierra Blanca), qui réalisa le premier investissement dans l’entreprise des Brockman et lancèrent l’installation de toute l’infrastructure et la vente de parcelles.

With old friend Patrick Op de Beeck recently 650En compagnie d’un vieil ami, Patrick Op de Beek, dernièrement

Quelques autres des merveilleuses personnes qui nous ouvrirent leurs portes durant nos premières années à Marbella furent Miguel Gómez Verdún et son épouse Antonia, propriétaires des bijouteries Gómez y Molina. Miguel, maintenant décédé, était alors également Directeur de l’hôtel El Rodeo, le premier hôtel de Marbella fondé par Ricardo Soriano en 1945 ; Archie et Cathy McNair – Archie était le Président de Quant, qu’il avait fondé ensemble avec Mary Quant en 1950 ; le défunt Bill Genske et son épouse Silvia, les promoteurs de Las Lomas del Marbella Club Pueblo ; Nielson Sánchez Stuart et son épouse Alicia, qui était et est toujours un avocat reconnu et un bon ami, tout comme Antonio de Fortuny. Rafael Cruz-Conde fut un grand ami et le principal avocat de Panorama, depuis l’année 1979 jusqu’à son décès en 2012, et son travail avec Panorama continue à travers son brillant fils Mauro jusqu’à aujourd’hui. Le Comte Hans Larsich et son épouse María, la Marquise de Salamanca, furent également de bons amis. Peut-être notre ami le plus ancien et le plus proche est Patrick Op de Beeck, le reconnu courtier en assurances. Nos agences étaient voisines lors de notre arrivée à Marbella.

Si nous regardons en arrière, nous avons eu la chance d’avoir connu, vers la fin des années soixante-dix, la majorité des personnes influentes de l’époque, ainsi que la chance d’avoir connu des centaines de personnes merveilleuses avec lesquelles nous sommes toujours de bons amis à l’heure actuelle.

Chris with H E Skeikh Kamal Adham in 1998 650avec S.E. Sheikh Kamal Adham en 1998

With old friend pioneer developer since 1960 Leo Shriqui recently 650En compagnie d’un vieil ami, un promoteur pionnier Leo Shriqui

Je suis si reconnaissant d’avoir profité d’un magnifique début de notre nouvelle vie en Espagne, grâce à l’amabilité, le soutien et l’amitié que nous avons reçus durant ces années.

Chris, Katinka and Alex 650Katinka, Chris et Alex Clover

Copyright© 2013 Panorama Properties S.L.

Nous remercions le comte Rudi von Schönburg de nous avoir permis de reproduire de nombreuses photos lui appartenant pour cet article, ainsi qu’Antonio Belon Cantos, pour ses conseils concernant l’histoire des débuts de Marbella avant notre arrivée.

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